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Cap ou pas cap ?

Principe moral : Parler de Dieu ou du groupe dans le train.

 

Chaque soir après l'enregistrement nous étions soumis à une loi interne stipulant que, je cite : « les malheureuses personnes ayant acquisition d'un quelconque abonnement qui permettrait de voyager sans frais sur le parcours Moutier - Sonceboz/sombeval, doivent (et je souligne avec insistance le verbe devoir), prendre le train ». Nous étions donc, moi et Isa, forcés d'utiliser les transports publics. Nous ne pouvions nous atteler à cette tâche sans pour autant utiliser le temps imparti avec sagesse et intelligence. Je pense avoir été le plus sage des deux ;) je dormais et Isabelle parlait de Dieu autour d'elle. Et puis, lorsque cela devenait intéressant et que Isabelle ne savait comment répondre, alors je me réveillais brusquement et essayais de répondre à diverses interrogations.

 

« Si Dieu existe comment cela se fait-il qu’Il permette que tu me saoules ? » Je rigole bien sûr, cette question n’est jamais venue… Heureusement. Nous profitions encore de ce temps pour discuter, faire un point sur la journée et nous questionner mutuellement sur les grandes questions théologiques encore jamais résolues.

 

Cependant, le dernier jour d’enregistrement pointait le bout de son nez. Malheureusement, la seule co-voyageuse que j’avais devait travailler ce dernier jour. J’allais donc me retrouver seul. En partageant cela le dernier soir, je me rendis compte que ce trajet allait être difficile, car lorsque l’on est seul, le contact avec les gens devient tout d’un coup beaucoup plus difficile. Mais lisant mes pensées, Isa la lâcheuse me fit tenir un pari. Cap ou pas cap. Evidement cela n’a pas été évoqué de la sorte, mais c’est ainsi que je le pris. Le défi se présenta ainsi : «  la tâche consiste à donner au moins 1 flyer du groupe durant le trajet ». Pimenté tout ça… Mais j’acceptai (je ne suis pas un lâcheur moi ! ;-) ). Le lendemain, donc, je partais triste et seul dans mon petit wagon rouge, avec toujours ce défi en tête. Je priai tout le long du trajet afin qu’une personne bien aimable, polie et qui sente bon puisse s’asseoir à mes côtés (ça aurait pu être la femme de ma vie). Seulement, rien. Puis 2 arrêts peut-être avant d’arriver à Moutier, 3 contrôleurs assoiffés de billets prirent la peine de prendre le même train que moi. Pour l’instant rien d’extraordinaire…  Un des contrôleurs s’approcha de moi et me demanda mon billet. Après s’être éloigné, il se retourna et m’adressa un sourire. Un contrôleur qui contrôle, en France c’est déjà bizarre (bon d’accord c’est la Suisse, mais je suis pas d’ici) mais qui, en plus, a cette attention de me sourire… étrange. Comme je priais afin que Dieu me donne une opportunité, je me suis dit : «yé, sympa son costume ! ».

 

En réalité, voici ce qui se passa : « oops, c’est le moment. » Alors après maintes hésitations, je me suis avancé vers eux (n’oublions pas qu’ils étaient 3, le défi était 3 fois plus grand et si on suppose qu’après ils en parlent à leur famille ça fait 10 fois et imaginons que leurs enfants ont pleins d’amies 1000 fois… imaginez l’angoisse), et je leur ai dit «Bonjour, nous sommes un groupe de musique et nous enregistrons dans la région, voila quelques flyers avec notre site ». Hé voila, c’est le cœur à 800 Hz que je reprenais place. Mon trajet se termina paisiblement. C’est bien plus tard que je voyais les fruits de cet acte phénoménal, caractérisé d’extrêmement courageux et dangereux à la fois. Nous avions une réunion de retrouvailles avec le groupe et, dans le chapitre « nouvelle » fut évoqué la réception d’un mail spécial. C’était le contrôleur souriant qui avait été sur le site et racontait l’histoire du train. Il proposait une collaboration avec un certain groupe, qui encourage les jeunes artistes. Il avait même déjà contacté une personne en lui « touchant un mot du groupe Prisme ». L’affaire est en cours, il faudrait peut être dire que les fruits sont en train de mûrir…

 

En tous les cas, il faut le dire, la prochaine fois que nous prendrons le train… ;) (à suivre)

 

N’aie pas peur maintenant (seul dans le train), car je suis avec toi. Ne lance pas des regards inquiets (autour de toi) car ton Dieu, c’est moi. Je viens te rendre courage (pour aller leur parler), j’arrive à ton secours et je te protège, ma main droite tient sa promesse.

                                                                                               Esaïe 41 :10

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